mercredi 16 mai 2012

Histoire fantastique


La seconde résidence (ou L’inconnu)

Ali est un lycéen de dix-sept ans. Il vit en ville avec sa famille. C’est la fin de l’année scolaire. Cet adolescent a hâte de profiter de ses vacances au bord de la mer, mais il doit attendre que toute la famille soit prête. Son père ne prend son congé que dans deux semaines.
Une semaine s’écoule loin de l’école sans qu’Ali ne goûte aux vraies vacances. Il décide de devancer sa famille et d’aller tout seul à leur deuxième résidence sur la cote à une cinquantaine de kilomètres de la ville. Avec une insistance digne d’un grand diplomate, il obtient l’accord de ses parents de partir. Il n’y a rien à craindre puisque tout le monde, là-bas, le connait à force d’y séjourner chaque année. Il peut solliciter l’aide des voisins en cas de besoin. En plus, il ne s’agit que d’une semaine et le temps passe très vite.
À son arrivée, Ali passe toute la journée à nettoyer, il  ouvre toutes les fenêtres pour aérer la maison. Sa famille doit être surprise par la propreté des lieux.
Toutes ses journées, Ali les passe sur la plage. Il participe aux différents jeux organisés par les estivants et ne fait qu’un petit break d’une heure pour renter à la maison  prendre son déjeuner. Vers dix-huit  heures, il rentre prendre une douche rapide pour se débarrasser du sel de la mer. Après une collation, il va errer sur les sentiers, profitant d’une température moins lourde. La verdure qu’offrent les champs de luzerne et de maïs, qui caractérisent la chaude saison lui enlèvent toute la fatigue accumulée à la plage. Que c’est un délice de manger les figues après les avoir récoltées soi-même et lavées dans les petits ruisseaux tout en jasant avec les campagnardes qui affichent une curiosité démesurée aux personnes étrangères ! Oui, Ali aime bien lui aussi parler ; il est loquace. Il a la tchatche, disent ses copains de classe.
C’est le vendredi, la veille de l’arrivée de sa famille. Ali allonge sa soirée avec des jeunes de son âge sur la plage. Ils sont cinq jeunes autour d’une table à parler de tout et de rien ; chacun  étale ses prouesses, les vraies et les fausses pour créer, chez les autres, étonnement et admiration. Ali est excellent dans le jeu, ce qui le fait tarder à rentrer.
Avec une tête lourde, Ali franchit le seuil de la maison et se dirige directement vers sa chambre. Il ne peut pas attendre, l’appel de la couette est plus fort. D’habitude, dans son lit, il entend la musique qui retentit sur la plage se trouvant seulement à deux cents mètres. Les bruits des vagues arrivent jusqu’à ses oreilles pour lui murmurer leur perpétuel suicide. Cette nuit-là, rien de cela n’arrive. Mais un soupçon de bruit provient de près, de sa chambre. Y a-t-il quelqu’un ? Ali s’enfonce dans sa couette, son cœur commence à battre, il n’ose plus envoyer sa main sur le commutateur qui se trouve au-dessus de sa tête. Une présence est là. Elle est de plus en plus présente. Il la sent. Il sent quelque chose l’épier. Que faire ? Son cœur continue à battre très fort. Il le sent se balader dans tout son corps. Soudainement, le bruit  cesse. Ali sort sa tête de la couette, essaie de voir ce qui se trouve là, en face de lui mais il fait nuit et ne peut rien distinguer. Il tend sa main vers le bouton, malheureusement la lampe d’éclairage ne répond pas. Il entend la porte s’ouvrir et se fermer le temps que l’inconnu sorte. C’est une vérité, il était là, quelque chose était là, dans sa chambre, à quelques centimètres de son lit.
Quelqu’un s’est introduit dans la maison. Comment a-t-il fait ? La porte était bien fermée. Ali est sûr maintenant. Il réessaie, sans succès, de déclencher la lumière. Une lumière vient du salon et pénètre dans sa chambre par le dessous de la porte. La peur le regagne. Il s’agrippe à je ne sais quel vide. Il faut qu’il crie de toutes ses forces pour alerter les voisins dont la maison est à une trentaine de mètres de chez lui. Il doit le faire quand même. Mais aucun son, aucune voix ne sort de sa gorge. Il tremble maintenant de tout son corps, son lit grince, une sueur froide l’envahit. Il s’accroche à sa couette avec toutes ses forces. Il se rappelle que dans les situations difficiles il n’y a qu’à prier dieu, mais quel dieu ? Comment va-t-il faire ? Le Coran est à son chevet et il suffit qu’il le touche, mais à côté il y a aussi un autre livre, celui de Salman Rochdi « Les versets sataniques ». Il se débat pour se calmer mais ne réussit pas. Il n’arrive pas à apaiser ses membres qui deviennent objet d’un tremblement terrible.
Dans le salon, il y a de la vie ; il entend la télé, des paroles qu’il n’arrive pas à comprendre. Les pleurs d’un bébé et des rires le font comprendre qu’il y a plus d’une personne, peut-être toute une famille d’inconnus. Le bébé continue de pleurer, ses cris deviennent de plus en plus forts comme s’il recevait des piqures d’abeille ou des décharges électriques. La chambre commence à tourner. Les meubles subissent le mouvement et s’entrechoquent. Ali devient un de ses objets, il perd tout contrôle. Il s’évanouit…
Au réveil, les yeux d’Ali rencontrent le regard d’une femme toute nue en face de lui. Elle semble le défier par la puissance de son regard. Puis, il se rend compte de la présence de deux hommes à côté d’elle bien indifférents, mais eux, par contre, sont bien habillés. Il ne comprend pas ce qu’il voit : des arbres, une autre femme qui prend son bain dans un un ruisseau qui coule pas loin de l’endroit où sont assis les deux hommes et la femme sans habits. Pourquoi est-il là, proche de cette scène surréaliste ?  C’est un rêve ou une réalité ? Mille et une questions lui taraudent l’esprit encore en état de flottement. Il regarde autour de lui et  découvre qu’il est bien dans sa chambre mais pas à sa place, dans son lit. Il est allongé sur le sol où des habits trainent donnant l’impression qu’une meute de chats a sévi là. Tout est clair puisque ’ouverte, la fenêtre laisse entrer la lumière du jour. Il jette un regard sur l’horloge et découvre qu’elle s’est arrêtée sur trois heures onze minutes.  Il remet ses yeux dans la  direction de la femme nue et n’aperçoit que le tableau de Manet « Le déjeuner sur l’herbe » qu’il avait fixé le premier jour de son arrivée.
On sonne. Vite, ça doit être sa famille qui arrive.

L'étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde


  Utterson, un notaire, décide de mener une enquête sur un rapprochement entre deux personnes apparemment « irrapprochables ».  Quel lien entre son ami, l’éminent et respectueux docteur Jekyll et un type inspirant la peur ? La noblesse du docteur Jekyll ne correspond pas à ce nommé M. Hyde dont l’apparence suscite des interrogations. Pourquoi cette étrange personne est mentionnée comme héritier dans son testament? C’est vraiment mystérieux ! Inquiet (c’est de l’amitié), Utterson se lance dans sa nouvelle fonction d’enquêteur.
On se plonge dans un univers sombre où la peur rôde, en tournant la page on regarde vers les coins de la salle au cas où ce hideux M. Hyde n’y serait pas tapis. C’est un criminel, un assassin un monstre. Il peut surgir à tout moment.
L’intrigue est conçue de manière à ne pas laisser le lecteur  émettre un doute par rapport au lien entre docteur Jekyll et M. Hyde. Le suspense reste de mise jusqu’au dernier moment.
 Docteur Jekyll est allé loin dans ses expériences fantastiquement scientifiques qu’il lui est difficile de se libérer de sa création. Séduit et charmé par ce pouvoir créateur, il finit par en devenir esclave. Il prend conscience des dangers de son double mais c'est trop tard pour renverser  cette situation. Le côté sombre et bestial de sa personnalité prend le dessus.
 J’ai apprécié le récit de Docteur Jekyll qui développe et explique sa vie. Ce récit invite le lecteur à se poser des questions d’ordre philosophiques
«  Jour après jour, à la fois par le côté moral et le côté intellectuel de mon esprit, je m’acheminais régulièrement vers cette vérité dont la découverte partielle devait me condamner à un si terrible naufrage. L’homme, en arrivais-je à conclure, n’est pas un être unique, mais un être double, je dis double parce que ma propre connaissance ne va pas au-delà de ce point ».
Cette histoire soulève la question du dédoublement de la personnalité qui caractérise chaque individu à des degrés différents. Le mal et le bien s’affrontent et de cet affrontement l’identité de la personne jaillit.
Moi, je me pose une question quant au choix de Stevenson de donner à M. Hyde un aspect détestable. Je pense qu’avec un physique agréable ou normal, le personnage aurait réussi sa mission mieux qu’il ne l’ait fait. Je dis cela parce que je garde de ce personnage sa laideur, son apparence répugnante au détriment de ses actes criminels. Ce sentiment est dû aussi à une description très réduite autour de ce personnage (peu d'informations sur ses déplacements nocturnes). Je ne sais pas si l’on partage cet avis avec moi.
Une autre idée me vient à l’esprit : Si M. Hyde était une femme, cela aurait apporté un équilibre à l’histoire puisque la femme y est absente.
Stevenson a bien réussi son travail. Moi qui avais une certaine "mésenvie" à entamer ce texte parce que je connaissais le lien entre le docteur Jekyll et M. Hyde, j’ai pris beaucoup de plaisir à caresser les pages de cette histoire.

mercredi 4 avril 2012

A la brocante du cœur

C’est la fin de l’année scolaire. Jason, douze ans, réfléchit à sa première journée loin des locaux de l’école. Alors que l’on s’apprête à vivre avec lui sa journée, on est surpris de la mort d’Alicia, une fille de sept ans que Jason apprécie. Mais qui l’a tuée et pourquoi ? Jason  a passé l’après-midi avec elle. Il est très touché par le sort de cette jeune fille.
La machine judiciaire se met en branle. Font leur apparition l’inspecteur George Braxton et le sénateur Harold Gibbons. Ce dernier affirme : « la ville a besoin d’une arrestation ». Une question s’impose alors : pourquoi «  une arrestation »  (un groupe nominal orphelin. Un déterminant indéfini + un nom sans complément) au lieu de «  l’arrestation du coupable » ?...
Puisque Jason est  le dernier à avoir vu Alicia, il est interrogé, chez lui, par l’inspecteur Bruxton. Aucune preuve n’est à la charge de quiconque. Un mystère. Un mystère que la justice ne va pas prendre la peine de percer. Elle a Jason comme suspect et elle va le faire avouer. Bruxton est convaincu que l’enfant est coupable.  La mission est confiée à Trent, un spécialiste de l’interrogatoire. Il fera son travail moyennant une récompense alléchante : « Faites l’addition vous-même » lui dit le sénateur.
L’interrogatoire est impitoyable. On dirait que l’on est face à un adulte criminel bien accompli : « Il faudrait manœuvrer plus prudemment ». Ici, l’objectif est de faire avouer Jason d’un fait qu’il n’a pas commis. Le garçon répète qu’il n’a rien d’autre à ajouter et qu’il est fatigué mais Trent enchaîne avec des questions qui dépassent l’esprit de l’enfant. Il ne peut plus, ce garçon.
Malgré son intime conviction de l’innocence de Jason, Trent continue son acharnement. L’enfant vient aider la police, mais on lui propose de l’aider. C’est un accusé et il risque gros. Avec cette violence psychologique subie, cette manipulation, cette position de faiblesse et l’endroit étouffant de l’interrogatoire, on sent que Jason va dire une grosse et épaisse bêtise pour se libérer, une parole dont il ne peut mesurer les conséquences. Le moment présent est une éternité, autant en finir en faisant entendre ce que Trent veut entendre.
Que c’est difficile pour le lecteur de terminer la deuxième partie de ce roman.
 Que le coupable de la mort d’Alicia soit découvert  n’a pas d’importance.
Trent, un actant monstre, a opéré un changement sur Jason, un enfant innocent. Il l’a tué et remplacé par un autre Jason, une créature de l’homme inhumain.
            Trouvez-vous qu’il s’agit d’une fin heureuse ?

mardi 3 avril 2012

Le livre qui dit tout



 


Normalement un enfant doit être heureux mais, hélas,  notre Thomas ne l’est pas et  aimerait bien l’être plus tard. La religion est lourdement présente dans ce roman, elle écrase l’enfant ainsi que sa petite famille. Le dimanche, pour lui, est un jour de trop comme chez Jules Laforgue (Les dimanches), mais qu’est-ce qu’on s’ennuie !
La mère qui veut savoir pourquoi  le père demande-t-il à son fils de se lever de la table reçoit  la première réponse du Pharaon : « Parce que je l’ai dit » ; la deuxième est une gifle parce qu’elle essaye de défendre son fils. S’ensuit l’épisode de la fessée… Une fessée qui n’est pas celle venue de la main de Mlle Lambercier et qui a donné du plaisir au petit Jean Jacques Rousseau, c’est une torture qui fait davantage noircir l’image du père chez l’enfant.  Ici, le petit Thomas se trouve devant un paradoxe difficile à expliquer, c’est celui de la bonté de dieu et la méchanceté de celui qui se réclame fidèle à ce même dieu qui, apparemment,  n’a pas d’yeux pour voir ce qu’endurent l’enfant et sa maman. Peut-être est-il mort  ce dieu comme l’annoncera  l’enfant à Jésus !
Quelques questions s’imposent : est-ce que ce père de famille va-t-il se remettre en question ?  Comment  mettre fin aux actes de ce tyran et permettre à cette famille de trouver la paix ? Ce père ne serait-il pas victime d’une lecture erronée de la religion ?
Les femmes sont bien présentes  pour apporter amour et lumière à Thomas. On signale le rôle de madame Van Amersfoort qui s’intéresse aux lettres (mais qui doit s’intéresser aussi à mettre de l’ordre chez elle). L’idée de la réunion du club de lecture chez la famille de Thomas est trop géniale. « Et nous serons la bonne plaie. Celle contre laquelle le pharaon ne pourra rien » dit madame Van Amersfoort à Thomas qui est inquiet d’une telle  idée.
Je prends de plus en plus du plaisir à  lire des romans destinés aux jeunes, moi qui avais un regard un peu hautain sur cette littérature. Cela est, évidemment, rendu possible grâce au cours de littérature de jeunesse.

Genesis



                          
Les deux grosses têtes de notre ………………………………………le chimpanzé sur la première de couverture ne me donne pas envie d’ouvrir le livre. Peut-être me trompé-je, mais l’a priori est déjà là. On se plonge dans une ambiance solennelle d’un examen où Anax doit faire face à un jury pour défendre sa thèse sur la vie et l’œuvre d’Adam Forde. Histoire ! J’adore. C’est parti pour faire connaissance avec ce personnage d’Adam Ford. Serait-il un vrai héros de ce roman ? Suivons l’examen d’Anax et prêtons-lui une oreille attentive.

La vie d’Adam Forde se situe entre  2058 et 2077. Sa naissance survient sept ans après la restauration de la République de Platon, mais qui est ce Platon ? Y a-t-il un rapport entre un monde futur et un philosophe grec  qui a écrit un ouvrage célèbre qui s’appelle La République ? Cette République est-elle une application des idées  du philosophe?

La république dont il est question dans cet ouvrage est fondée sur l’île Aotearoa par une personne, nommée Platon, qui a fait fortune dans la technologie de l’hydrogène. Avec la détérioration des relations entre les grandes puissances du monde et l’imminence d’une guerre destructive, ce Platon  a réussi un système de défense extraordinaire: La grande Barrière Maritime qui isole l’île et la sauve de la Grande guerre. La République est devenue le seul endroit habitable et sa Grande Barrière le théâtre d’abattage des derniers humains qui s’accrochent à la vie. Commence alors l’organisation d’un système spécifique qui permet la sauvegarde de l’Etat. (L’individu n’a pas d’importance face au collectif, le destin de chacun est écrit d’avance selon le rang de naissance)

Anax expose son point de vue et relate la vie d’Adam. Celui-ci fait partie de ces sentinelles qui surveillent la ligne de la grande barrière Maritime, mais au lieu de se comporter comme ses collègues, il manifeste des idées humaines qu’il assume. Il sauve une jeune femme qui s’approche de la barrière. Parce que la population commence à mettre en cause les principes même de la République, Adam Ford n’est pas condamné à mort comme le stipule la loi de la République mais écope seulement d’une punition d’être le compagnon d’Art, un robot mis au point par le philosophe William et dont le développement nécessite l’interaction humaine. On assiste à un huis-clos où Adam dialogue et échange d’une manière tendue avec la machine. Malgré quelques réparties plaisantes, je n’ai pas aimé cette partie centrée sur des thèmes philosophiques tels que la conscience, le libre arbitre et le différence entre la machine (création humaine) et l’humain (issu du hasard)…

Je dois dire que la chute de ce livre est vraiment surprenante.

Je sacrifie quelques secondes à contempler les deux têtes de la première de couverture avant d’abandonner le livre et le ranger là où mon regard ne peut l’atteindre.

L’Affaire Jennifer Jones


                                     
Alice mène une vie normale : elle travaille, elle a un petit ami. Ce qui interpelle au début du roman, c’est son intérêt porté sur  l’Affaire Jennifer Jones : une fille de dix ans qui a assassiné son amie du même âge. Très vite, on comprend qu’Alice est  bel et bien Jennifer Jones. C’est elle qui a commis le crime et qui vit sous une fausse identité, hébergée par une assistante sociale : Rosie. Le lecteur cherche à savoir comment et pourquoi cette fille est-elle devenue coupable d’un fait aussi dramatique que celui de tuer une enfant, c’est cela qui tient le lecteur en haleine. Pour moi, l’idée qu’elle soit coupable ne me convainc pas et ma confiance est totale dans la suite du roman pour prouver qu’elle n’est pas  derrière ce meurtre.
Sa peine purgée, Jennifer Jones est libre. L’opinion publique s’interroge sur l’endroit où elle se trouve. Voilà un détective privé qui vient perturber le repos de la jeune fille. Les affiches avec son visage dessus  et les unes des journaux sont un cauchemar pour cette fille qui commence à goûter à un certain repos après avoir bénéficié de six mois de libération conditionnelle  avant la fin de sa peine.
Petit à petit, on découvre  le passé de la jeune fille avec  une mère qui incarne  un égoïsme démesuré. La petite fille était souvent confiée à sa grand-mère ou mise en maison d'accueil. Les déménagements ont perturbé sa scolarité et sa stabilité affective. On ne peut justifier l’acte de cette jeune fille par autre chose que le désengagement de cette femme à l’égard de sa fille.
 « Je veux que tu te conduises vraiment comme une grande fille aujourd’hui et que tu restes seule…comme une grande fille …..J’ai acheté des jus de fruits et des biscuits ». Ta fille n’a pas besoin de ça, elle veut se nourrir autrement, elle a besoin d’une nourriture qui n’existe pas dans les magasins, une nourriture qui n’a pas de prix.
 « Elle l’avait simplement délaissée, rejetée. Abandonnée ». Oui ! Et elle a simplement commis ce meurtre. Simplement.
Un point important dans ce roman concerne la représentation du masculin. L’homme est bien présent dans le roman mais sa présence est très négative. Frankie et les autres personnages masculins n’ont pas de vie romanesque et ne reflètent pas le vrai rôle de l’homme dans la société. Merci Anne Cassidy.
Je termine par le commencement. Le titre, pour moi, ne correspond pas vraiment à cette triste histoire parce qu’il renvoie plutôt aux conséquences d’un comportement anormal d’une fille. Il devrait renvoyer à ce qui a généré ce comportement, c’est pourquoi j’ai choisi : « Maman, ne pars pas ! ». C’était ce que voulait crier Jennifer à sa maman qui s’apprêtait à s’éloigner d’elle pour la unième fois.
Oui, j’ai bien aimé ce roman.

samedi 3 décembre 2011

La rivière à l'envers. Tome 1 Tomek

                                                                                       


Qjar, voici un mot dont la prononciation n’est pas appréciable. Mais peu importe quand il s’agit de l’appellation de la rivière qui procure l’immortalité. Oui, selon une jeune fille, l’eau de cette rivière permet à l’humain de s’éterniser et d’échapper au moment suprême !!! Tomek décide de se rendre à cette rivière qui, selon Icham, coule à l’envers. Mais est-ce que cette rivière est localisable ? Peut-on l’atteindre ? En tout cas Tomek va partir malgré le conseil du grand père Icham. Son départ a pour raison, non pas de trouver la rivière Qjar, mais son inquiétude de ce qui pourrait arriver à la jeune fille qui s’était rendue dans son épicerie.   « Que va-t-il lui arriver ? » réagit-il aux explications du père Icham sur le sort des personnes qui ont tenté d’y aller.
Lecteur, tu comprends que Tomek s’est épris de cette fille. Il va faire ce voyage malgré les risques. Que va-t-il lui arriver ? Quelles sont les différentes étapes de son aventure ? Rencontrera-t-il la jeune fille ? Et cette étrange rivière,  existe-t-il réellement ?
J’ai traversé, moi aussi, La Forêt de l’Oubli et j’ai oublié l’invraisemblable de l’histoire. Paradoxalement, celle-ci me rappelle la littérature maghrébine d’expression française où le  voyage initiatique, le personnage du conteur, la magie, la source …sont des thématiques récurrentes.
                                                                                                          J’ai bien aimé